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/ Kératoconjonctivite sèche
Kératoconjonctivite sèche
La kératoconjonctivite sèche est une inflammation de la cornée et de la conjonctive qui résulte d’un manque de la portion aqueuse des larmes. C’est une maladie oculaire commune chez le chien (incidence d’environ 1%). On l’observe plus rarement chez le chat. L’incidence est plus élevée chez les chiens de plus de 7 ans. Certaines races sont prédisposées, dont l’épagneuil américain, le bouledogue, le west highland white terrier, le lhassa apso, le shih tzu, le yorkshire terrier, le pékinois, le boston terrier, le doberman pinscher, le teckel et le chihuahua et le berger allemand.
Les signes cliniques observés sont de la douleur (manifestée par du blépharospasme), de la rougeur conjonctivale, de l’enflure conjonctivale, et un écoulement muqueux ou mucopurulant. En phase chronique de la maladie, on peut observer de la vascularisation superficielle au niveau de la cornée, ainsi que de la pigmentation et ulcération cornéenne. Non traitée, la maladie entrainera une diminution ou une perte de la vision.
La maladie est dans la majorité des cas d’origine auto-immunitaire mais elle peut aussi être congénitale, neurologique, médicamenteuse (anesthésie générale, atropine, médicament de type sulfa) ou peut survenir suite à un retrait chirurgical de la glande nictitante, une radiothérapie, des maladies systémiques (ex. hypothyroidie, diabète mellitus, distemper canin, herpesvirus félin), une conjonctivite chronique (chez le chat) ou une blépharoconjonctivite chronique (chez le chien).
Les procédures diagnotiques effectuées lorsque la maladie est suspectée sont le test de Schirmer, qui consiste à mesurer la production de larmes, et le test de fluorescéine pour évaluer la présence d’ulcère cornéen.
Les buts du traitement sont de stimuler la production de larmes, maintenir l’œil humide, éliminer la douleur, contrôler l’inflammation, les infections bactériennes et les ulcérations cornéennes secondaires.
L’onguent le plus souvent utilisé est la cyclosporine, qui améliore la production de larmes chez 80% des patients. Un test de Schirmer effectué 4 à 6 semaines après le début du traitement permettra d’évaluer la réponse au traitement. D’autres médicaments topiques (tacrolimus, pilocarpine) peuvent être utilisés dans les cas où il n’y a pas de réponse à la cyclosporine ou si la maladie est d’origine neurologique. De plus, des antibiotiques topiques seront prescrits si il présence de surcroissance bactérienne au niveau de l’œil. Les larmes artificielles et onguents lubrifiants aident à humidifier la cornée mais l’effet est transitoire et ils doivent être appliqués très fréquemment. Il sera toutefois nécessaire de les utiliser en début de traitement (en attendant que la production de larmes augmente). La plupart du temps, le traitement devra être poursuivi toute la vie.
La transposition du canal parotidien est une procédure chirurgicale qui peut être envisagée lorsque le traitement médical est inefficace (lors de destruction à médiation immunitaire complète de la glande lacrimale ou de kératoconjonctivite sèche d’origine congénitale principalement). La lubrification de l’œil sera alors accomplie par les sécrétions de la glande salivaire parotidienne. Les complications sont communes: dépôt de calcium sur la cornée, sécrétions oculaires excessives et dermatite faciale secondaire, et occlusion du canal parotidien secondaire à la cicatrisation. Heureusement, c’est une procédure rarement requise étant donné la bonne réponse à la cyclosporine topique.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter .
Élise Lavallée, D.M.V.
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