Qu’est-ce que le diabète?
C’est une maladie qui apparaît lorsque le niveau de glucose (sucre) sanguin s’élève de façon persistante suite à une diminution de production d’insuline par le pancréas (diabète de type I) ou encore suite à une résistance à l’action de l’insuline au niveau des organes (diabète de type II). Malgré l’élévation du taux de glucose dans le sang, celui-ci ne réussit pas à pénétrer dans les cellules. Ces dernières ne peuvent alors pas bénéficier de ce glucose comme source d’énergie nécessaire à leurs fonctions quotidiennes. Le chien va alors développer un ou plusieurs symptômes suivants : perte de poids malgré une augmentation de l’appétit, augmentation de la quantité d’urine produite ainsi que de la soif, infections urinaires et/ou de la peau ainsi que cataractes avec perte de vision. Dans les cas les plus sévères où le diabète devient compliqué, la vie de l’animal est en danger. Il peut alors souffrir d’anorexie, de dépression, de vomissements ainsi que de déshydratation pouvant mener à sa mort.
Comment faire diminuer le glucose
Il y a 2 façons de faire diminuer le niveau de glucose dans le sang afin de contrôler le diabète. Soit par des hypoglycémiants oraux ou par des injections d’insuline. Le mécanisme d’action exacte des hypoglycémiants oraux n’est pas connu mais l’on pense qu’il se fait au niveau du pancréas en augmentant la production d’insuline par les cellules pancréatiques et aussi au niveau des organes en améliorant la sensibilité des tissus à l’insuline circulante. L’insuline, quant à elle, agit au niveau des tissus en faisant pénétrer le glucose dans les cellules. Elle remplace donc l’insuline naturelle qui est déficiente ou elle en augmente l’efficacité. En général, les hypoglycémiants oraux sont inefficaces pour contrôler le diabète chez les chiens. Pour cette raison et parce que les effets secondaires (vomissements, dommages au foie, abattement, anorexie, jaunisse), contre-indications (brûlures, traumatismes et infections sévères, hypoglycémie, chirurgie majeure et conditions acidosiques) et conditions où l’utilisation des hypoglycémiants oraux est risquée (insuffisance surrénalienne ou hypophysaire non-traitée, dysfonction thyroïdienne, rénale
ou hépatique, vomissements prolongés, fièvre importante, malnutrition ou condition débilitante) sont nombreux et importants, nous préférons en général traiter le diabète avec les injections d’insuline.
L’insuline, quant à elle, n’est associée à aucune contre-indication absolue mais, tout comme les hypoglycémiants oraux, comporte le risque de causer de l’hypoglycémie (une baisse de sucre dans le sang). Les symptômes y étant associés sont : dépression et abattement, faiblesse, démarche chancelante, raideur et dans les cas plus sévères, convulsions, coma et mort. Il est donc important de toujours conserver une bouteille de sirop de mais ou d’érable à la maison. Si ces symptômes sont observés, il faut administrer au chien 1 c. soupe de sirop dans la gueule ou sur les gencives puis mesurer sa glycémie immédiatement si possible et nous contacter.
Insuline
Différentes sortes d’insulines existent. La différence entre elles tient surtout de la vitesse à laquelle chacune commence à agir ainsi que de leur durée d’action. En général, le traitement doit être administré 2 fois par jour en prenant soin de respecter 12 +/- 2 heures d’intervalle entre les injections.
Le poids, un autre facteur
Un autre facteur qui influence beaucoup le contrôle du diabète est le poids du chien. Il est important qu’il atteigne et maintienne un poids santé puisque l’obésité augmente la résistance à l’insuline. Pour ce faire, si c’est nécessaire, il faut augmenter son niveau d’exercice. De plus, il faut lui donner une nourriture riche en fibres que vous pourrez vous procurer à notre établissement vétérinaire. Nous pourrons établir un plan d’amaigrissement et déterminer quelle quantité est la plus appropriée pour votre animal. Idéalement, il devrait être nourri 30 minutes avant l’injection d’insuline. Par contre, s’il préfère manger à plusieurs reprises des petites quantités pendant la journée, vous pouvez continuer de le nourrir de cette façon.
Le suivi
Pour différentes raisons, il va falloir faire un suivi étroit de sa glycémie. En effet, après le début du traitement, elle peut prendre un certain temps à se stabiliser. De plus, il arrive fréquemment que l’on perde le contrôle du diabète en cours de traitement (par exemple si l’animal développe une résistance à l’insuline). Occasionnellement, il peut même y avoir une rémission. Il vous sera donc conseillé de faire des courbes de glucose (séries de mesures de la glycémie) à la maison et/ou en clinique au début du traitement ainsi que lorsqu’il y aura des raisons de croire que le diabète est mal contrôlé. Lorsqu’il sera bien contrôlé, nous vous conseillerons d’effectuer un dosage de fructosamine (protéine glycosylée réflétant la glycémie moyenne des trois dernières semaines mais qui n’est pas influencée par le stress) à intervalles prédéterminés (en général aux 3 mois). Afin d’avoir une valeur de base pour comparer, nous vous conseillerons ce test aussi en début de traitement.
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Conservation de l'insuline
En terminant, voici quelques conseils à suivre concernant la conservation et la manipulation de la fiole d’insuline :
- - Garder la fiole au réfrigérateur.
- - Bien mélanger le produit en inversant la fiole à quelques reprises (éviter de brasser la fiole).
- - Quand on insère l’aiguille dans la fiole et que l’on retire le piston, une bulle d’air va pénétrer dans la seringue en même temps que le produit. Il faut expulser cette bulle d’air en ``pitchenotant`` l’extrémité de la seringue.
- - Pour injecter le produit à l’animal, prendre une pincée de peau sur le côté du thorax et la soulever pour en faire une tente. Ensuite, insérer l’aiguille à la base de la tente et enfoncer le piston. Il faut s’assurer d’être bien accoté contre la peau avant d’injecter (si l’aiguille est bien positionnée sous la peau et non dans l’épaisseur de la peau alors elle devrait bouger librement).
- - Il faut éviter d’injecter toujours au même site d’une fois à l’autre.
Pour toute information supplémentaire ou consultation, contactez-nous.
Dre Isabelle Lacombe M.V.