Définition
Dirofilaria immitis est un long vers blanc transmis par la piqûre du maringouin. Il peut atteindre jusqu’à 30cm de longueur et se loge principalement dans les artères pulmonaires, vaisseaux transportant le sang non oxygéné du cœur aux poumons, et la partie droite du cœur.

Chez les animaux domestiques, les chiens et les chats peuvent en être atteints. Par contre, chez les chats, beaucoup de larves ne parviennent jamais à maturité ce qui fait que ces derniers sont moins susceptibles de développer les signes cliniques de la maladie.
La condition peut affecter tous les animaux de plus de 6 mois. La moyenne d’âge des animaux affectés se situe entre 4 et 8 ans.
Les grandes races seraient plus à risques car on a tendance à les garder davantage à l’extérieur.
Les mâles en sont affectés 2 à 4 fois plus souvent que les femelles.
La longueur du pelage ne semble pas avoir d’incidence sur les risques de transmission.
Les zones de prévalence se situent principalement le long de la Côte Est des États-Unis, des Côtes du Golf du Mexique et dans la Vallée de la rivière Mississipi. Il y a quelques cas sporadiques au Canada avec un sommet de la transmission lors des mois de juillet et août.
Voici un résumé du cycle du vers du cœur :
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Une larve immature (stade L1) est ingérée par un moustique lorsque ce dernier pique un animal contaminé (coyotte, chien,…).
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Cette larve mature à l’intérieur du moustique selon une durée et une température ambiante minimales afin d’atteindre le prochain stade (L3).
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La larve au stade L3 se trouvant toujours dans le moustique, est ensuite transmise à un autre animal lorsqu’il se fait piquer.
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La larve se trouve à être déposée à la surface de la peau lors de la piqûre. Elle pénètre ensuite les tissus et poursuit sa maturation jusqu’au stade adulte.
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Une fois adulte, le vers se retrouve dans la circulation sanguine et se loge dans les artères pulmonaires et le cœur.
Une durée de 5 à 6 mois chez le chien (8 mois chez le chat) est nécessaire avant que la femelle ne puisse relâcher ses rejetons (microfilaires – stade L1) qui prendront la circulation sanguine et seront ingérés par les maringouins lors de la piqûre.
À noter qu’une transmission de larves par le placenta, de la mère au chiot, ou une transmission lors d’une transfusion sanguine n’aboutiront pas à une infection active. Ceci s’explique par le fait que le maringouin est absolument nécessaire au passage du stade L1 au stade L3 de la larve avant que celle-ci ne devienne adulte.
Signes cliniques
Une fois les vers adultes rendus dans les vaisseaux sanguins, ceux-ci tendent à en diminuer leur diamètre et à engendrer la formation de caillots de sang en plus d’occasionner de l’hypertension pulmonaire. Les vers morts provoquent une réaction plus intense et aggravent la maladie pulmonaire. Le cœur doit travailler plus fort pour pomper le sang (augmentation de la résistance) ce qui engendre une dilatation et un épaississement de la paroi du ventricule droit. L’hypertension chronique peut causer une insuffisance du cœur droit, ce dernier n’étant plus capable d’accomplir adéquatement son travail.
La congestion au niveau du foie, l’atteinte rénale et l’embolisation au cerveau, aux yeux et/ou dans les artères systémiques sont d’autres conséquences possibles d’une infection par le vers du cœur.
Concrètement, les signes cliniques peuvent se manifester à différents degrés de sévérité. Plusieurs animaux seront asymptomatiques lors du diagnostic. De même, l’examen physique peut être normal au début de la maladie ou lorsque la condition est modérée. Dyspnée (difficulté respiratoire), fatigue, syncope, toux, épistaxis (saignements de nez), souffle court, perte de poids, signes d’insuffisance cardiaque sont autant de signes pouvant être notés. Un changement ou une perte de la voix ont aussi déjà été rapportés.
Diagnostique
À l’examen physique, les bruits entendus à l’auscultation pulmonaire peuvent être anormaux ou augmentés. Les bruits cardiaques peuvent aussi être anormaux ou irréguliers. Diverses anomalies peuvent être notées en présence de migration larvaire en différents sites (système nerveux, yeux, artère fémorale,…).
Certains tests, tels des radiographies thoraciques, un électrocardiogramme (ECG), une échocardiographie et un bilan sanguin peuvent être effectués lors d’une recherche de diagnostic. Toutefois, des changements ne seront pas notés dans tous les cas et s’il y a anormalités, elles ne seront pas nécessairement spécifiques d’un diagnostic de dirofilariose.
Les tests antigéniques, les tests d’anticorps et les tests de détection des microfilaires peuvent être utilisés par votre vétérinaire pour détecter la présence du parasite chez votre animal de compagnie.
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Test sérologique (antigénique) : Détecte les antigènes en circulation provenant du système reproducteur des vers femelles. Il doit donc y avoir un minimum de un vers femelle âgé d’au moins 7 mois. Ce test ne détecte alors pas les infections récentes (< 6 mois) ou les infections associées à des vers mâles seulement. À noter qu’il y a plus souvent des résultats faux-négatifs chez les chats (résultat négatif alors que le chat est infecté) car les infections comportent souvent peu de vers adultes chez cette espèce et ce sont plus fréquemment des vers du sexe mâle uniquement.
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Test d’anticorps pour chats : Détecte les anticorps produits contre les vers adultes et immatures aussi peu que 60 jours après l’infection, peu importe le sexe des parasites. Il y a très peu de réaction croisée avec les parasites intestinaux. Possibilité d’un résultat faux-négatif s’il y a un seul vers. La maladie doit toutefois être confirmée par un autre test si le résultat est positif, car ce test détecte des larves qui ne deviendront peut-être jamais adultes (fréquent chez le chat).
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Test de détection des microfilaires (difil test) : Détecte la présence de larves en circulation dans le sang (microfilaires, stade L1). Ce test n'est plus recommandé pour la détection de routine. Il peut toutefois servir à confirmer un test antigénique positif ou à évaluer le succès de la thérapie. Il est nécessaire avant l’administration de certaines médications préventives (diethylcarbamazine) qui peuvent être mortelles en présence de microfilaires. Possibilité de faux-négatifs, notamment en présence de vers mâles uniquement. Ce test est non fiable chez les chats car il y a rarement des microfilaires circulants chez cette espèce.
Traitement
Il existe deux types de traitement :
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Adulticide (melarsomine et thiacetarsamide) : Ce sont les seules molécules efficaces, autant contre les formes matures qu’immatures. Ce type de traitement n’est pas administré sans risque, l’animal doit rester au repos strict durant 4 à 6 semaines suite au traitement pour minimiser les risques d’embolies causées par la mort des vers adultes. Peut être répété si le test antigénique demeure positif 4 mois suite au premier traitement.
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Microfilaricide (ivermectin et milbemycin) : Généralement administré 3 à 4 semaines après la thérapie adulticide. Il y a possibilité de quelques effets secondaires lorsqu’un grand nombre de mic

rofilaires meurent dans les heures suivant le traitement.
Étant donné les risques associés au traitement de cette maladie, la prévention demeure la meilleure approche afin d’éviter l’infection avec ce parasite. Il existe diverses médications relativement sécuritaires. On l’administre généralement du mois de juin au mois d’octobre ou novembre et même à l’année dans certaines zones endémiques des États-Unis.
On peut la débuter à aussi peu que 6 semaines d’âge. Un test de dépistage (voir plus haut) doit être fait avant le premier traitement chez les chiens assez vieux pour avoir déjà des vers adultes (minimum 6 mois). Il est recommandé de tester aux ans par la suite si un traitement préventif est adéquatement administré.
Les différents produits combinent en général un médicament servant à contrôler l’infestation de vers intestinaux en plus du médicament préventif contre Dirofilaria immitis (HeartGuard 30+(R), Interceptor(R)). D’autres ajoutent en plus une prévention contre les parasites externes comme les puces +/- mites d’oreille et de la gale sarcoptique et certaines espèces de tiques (Sentinel(R), Révolution(R)). Dans le cas des trois premiers, il s’agit de formulations à donner par la bouche alors que le Révolution(R) est un liquide à appliquer sur la peau.
Un produit en injection (ProHeart(R)) est aussi disponible, par contre il ne combine pas les autres préventions. Quant au Filaribits(R), étant un produit à donner à chaque jour, il s’avère moins pratique et il est plus facile d’en oublier une dose. De plus, ce médicament peut être mortel en présence de microfilaires…
Malgré que le Québec ne soit pas une région à forte prévalence du vers du cœur, il importe d’en faire la prévention car il s’agit d’une condition potentiellement mortelle et dont le traitement peut comporter certains risques. N’hésitez pas à nous contacter pour avoir de plus amples informations au sujet des traitements préventifs offerts. Il nous fera plaisir de vous renseigner!
Dre Karin Bilodeau d.m.v.